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Héritage technologique
Héritage technologique et productif de la Corse du XIX° (1830-1960)

Cù u Fab Lab, simu sempre à parlà di Riacquistu tecnicu, eppuru ùn aviamu ancu fattu u sforzu di rammintà u passatu industriale di a Corsica.

Perché ùn hè vera chì a nostra Cursichella sia stata solu una terra di pastori –puru s’ella hè quessa una tradizione assai forte. Ci vole quantunque à ricurdassi chi à u XIX° è à u XX° seculi, l’ecunumia corsa hà vistu fiurisce assai iniziative private ingiru à tecniche assai innuvative pè l’epica...

 

 

Mines & métallurgie
  • Mines

Dans les années 1830, dans l’euphorie des recherches minières en Méditerranée, une vingtaine de concessions est accordée dans l’île.

A la fin du XIX° siècle, on dénombrera plus de 800 mineurs, en majorité italiens. La galène de l’Argentella, les recherches de cuivre ou l’extraction d’anthracite à Osani accroissent ces effectifs, mais les fluctuations des résultats sont fortes. Seules les mines d’antimoine du Cap (Ersa, Luri, Meria) font l’objet d’exploitation régulière.

L’amiante, utilisé en Corse depuis de nombreux siècles fait aussi l’objet à cette période de nouvelles utilisations industrielles, en particulier dans le bâtiment. Son extraction est relancée, les sites de la vallée du Fiumalto notamment font l’objet d’une exploitation régulière.

La minéralurgie (préparation des minerais) est également présente sur plusieurs sites : Matra, Meria ou l’Argentella qui connaît de nombreux aménagements.

  • Métallurgie

Depuis l’époque moderne, la Corse s’inscrit comme une région sidérurgique traditionnelel avec ses forges et ses fourneaux, mais l’apparition d’un contexte économique plus favorable va permettre la création de nouveaux &établissements métallurgiques : des hauts-fourneaux et des foyers d’affinerie sont construits. Des capitaux étrangers permettent de relancer notamment Toga où près de 400 ouvriers travaillent.

La seconde moitié du XIX voit également des tentatives de métallurgie du cuivre et d’antimoine, mais les couts de production restent trop élevés, c’est l’échec.

Bois & Forêts

Entre les années 1850 et la grande guerre, la sylviculture s’affirme comme l’une des principales richesses de l’île. La répartition administratives des forêts et la création de chemins forestiers permettent une véritable exploitation, les initiatives privées s’ensuivent, notamment en matière de charbon de bois et de sciage. Mais d’autres productions comme les résines, les extraits (colophane, térébenthine, acide gallique) ou les lièges remplissent bientôt les cales des navires. Des fours à goudron, ateliers de distillation, locomobiles et scies à vapeur équipent les sites. D’importantes scieries fonctionnent comme l’usine dite « Georges-Ville » à Porto Vecchio (11 scies entraînées par 2 grosses machines à vapeur).

Les établissements s’implantent dans les forêts, près de sports ou le long des voies de chemins de fer.

L’exploitation du liège, activité méditerranéenne traditionnelle du XIX se développe à partir des années 1830 dans la région de Porto Vecchio-Bonifaziu et s’affirme à côté d’importants fournisseurs comme l’Espagne, le Portugal et la Provence.

La fabrication industrielle des résines décolle dans les années 1850 : la production d’acide gallique (obtenue par décomposition du tan des châtaigniers) ne cesse d’augmenter : Scata, Champlan, Casamozza, Barchetta et Fulelli. La production est exportée par le port de Bastia à destination de l’Autriche, la Chine, le Canada ou l’Egypte. Deux tonnelleries industrielles à Fulelli et Bastia, approvisionnent en fûts les usines de Castagniccia.

Industries agroalimentaires

De nombreuses productions agricoles connaissent une courbe ascendante au cours du second XIX° : cédrat, raisin, lait ou encore tabac sont autant de matières premières transformées dans des établissements insulaires.
La filière du cédrat se structure à partir de 1850 : les producteurs se regroupent, d’importants entrepôts sont créés à Bastia, des sociétés centralisent l’achat et la vente de fruits frais ou en saumure. Cela entraine aussi l’installation de confiseries artisanales dans la plupart des villes de l’île. A la fin du siècle, un établissement phare est repris par Louis-Napoléon Mattei qui exporte de 500 à 1000 tonnes de fruits par an (dont 50% est destiné à l’étranger).

Dans le même temps, la viticulture aussi se transforme et atteint des productions record. Les distilleries prennent de l’importance : citons outre Mattei, Damiani ou Casabianca.

De même, l’installation de laiteries-fromageries Roquefort dans l’île est déterminante et accompagne la multiplication du cheptel ovin. L’exportation de fromages progresse.

QQ PORTRAITS de CAPITAINES D’INDUSTRIES & ENTREPRISES EMBLEMATIQUES
  • Etienne Louis Orenga (1818-1892)

Les Orenga, originaires de Ventimiglia sont présents à Bastia depuis début XVIII. Ils exercent de père en fils le métier de cordonnier. Une branche va rapidement se distinguer et faire fortune dans le commerce avant de s’imposer parmi les dynasties de niatbles de l’île. Etienne-Louis Orenga se place au centre de l’ascension de cette famille. Il développe le magasin établi boulevard Paoli puis il diversifie de es activités : en plus du négoce de tissus et autres dentées en gros et en détail, il consent des prêts aux commerçants des villages, participa à des projets structurants (télégraphe, chemin de fer, routes…) et se lance dans les placements plus risqués comme l’investissement industriel ou l’exploitation minière.

Il participe notamment au financement de la première confiserie de cédrats de Corse ; se porte co-adjudicataire des mines d’antimoine de Meria

  • Louis-Napoleon Mattei (1849-1907)

Originaire du Cap-Corse, Louis-Napoléon Mattei débute modestement en ouvrant une buvette à Bastia, puis fonde une manufacture de tabac et alcools. Progressivement, après avoir racheté les locaux des anciennes forges de Toga, il développe son entreprise avec une distillerie et une cédraterie. Mais c'est son apéritif au quinquina, le célèbre Cap-Corse Mattei, vendu dans le Monde entier, qui en fera un emblème de la réussite industrielle de la Corse. Les médailles et récompenses obtenues lors d'expositions internationales attestent de la qualité et du succès de ses produits.

  • FORTEF

La "Société Civile d'Isolaccio et de Serra" chargée de la valorisation des forêts du Fiumorbo est créée en 1907 et exploite un domaine forestier de 4 000 hectares; elle connaît un certain essor, et en 1930, elle est érigée en société anonyme et devient la FORTEF (Forces et Terres du Fiumorbo), Filiale de la compagnie d'assurances "l'Etoile du Foyer » qui développe une exploitation forestière et une activité agricole.

Elle multiplie les installations sur le site (usine, centrale hydroélectrique, scierie, cité ouvrière à Abbazia, aménagement d'un port à Calzarello) créant ainsi un véritable ensemble industriel de transformation du bois. En 1932, l'entreprise compte 263 ouvriers ; elle en emploie 650 en 1934 et 800 en 1935.

Sa réussite est de courte durée. Malgré ses investissements, la FORTEF est emportée dans la tourmente des années 1930 et mise en liquidation en 1936. En 1945, la scierie d'Abbazia est reprise et demeure au cours des années suivantes l'un des principaux établissements de l'île. A la fin des années 1950, la chute du prix des bois entraîne l'abandon du site. En 1960, la Société de Mise en Valeur de la Corse (SOMIVAC) acquiert l'ensemble foncier, ainsi que l'usine. Quelques années plus tard, le site d'Abbazia est revendu par lots à des particuliers.

  • Manufacture de Tabacs Job-Bastos

La Manufacture de tabacs Job s’installe à Bastia dès 1924 puis la société Bastos la rejoint durant la guerre d’Algérie : La société anonyme Job –Bastos (MCTJB) est créée en 1961, fabrique et vend des cigarettes en France continentale, en Corse et dans les DOM TOM. De plus, elle exerçait une activité industrielle de façonnage de cigarettes à l’intention de 2 sociétés françaises, Melia et Nationales, et pour une firme hollandaise.

Si l'entreprise est prospère à ses débuts, elle voit sa situation économique se dégrader peu à peu. La direction paraît se désintéresser de son unité corse et les directives du ministère des finances, qui conduisent la SEITA à confier à la M.C.T.J.B. le façonnage de cigarettes Gauloises et Gitanes pour le marché intérieur de l'île, ne suffisent pas à améliorer la situation financière de l'entreprise. L’entreprise devient ensuite la Macotab (Manufacture corse de tabacs), dernière petite usine de cigarettes conservée par la Seita, qui produit pour le seul marché local. L’entreprise compte trente-trois salariés et a produit un milliard de cigarettes en 2015.

 

Conclusion

Après la seconde guerre mondiale, l’essentiel de la production insulaire se résume à l’activité de 3 entreprises : le centre EDF-GDF de Corse, la société Minière de l’Amiante de Canari et la Société Job Bastos de Bastia. Sur le plan socio-économique, l’impact de la fermeture des dernières usines est atténuée par l’affirmation rapide d’un tertiaire saisonnier, construit autour du tourisme.

Pour aller plus loin : http://www.musee-corse.com/index.php/fre/Nos-expositions/Les-expositions-passees/Les-expositions-temporaires/Corse-Industrielle-1830-1960

Page mise à jour le 30/05/2017 par LEA JOURNIAC